top of page

Interview du mois de juin : Franck Lafontaine

Franck Lafontaine, vice-président du club de Lyon, nous fait l’honneur d’une interview ce mois-ci. Franck est un cadre de l’équipe sacrée championne de France interclubs de division 3 à Lieusaint. Cette interview est l’occasion d’en savoir plus sur les interclubs, encore trop méconnus du plus grand nombre, et d’appréhender le lien qui existe entre cette compétition et le club lyonnais, qui ne cesse d’y briller ces dernières années sous la houlette du président Yves Eprinchard.


Peux-tu nous présenter ton sacré parcours de scrabbleur et ton histoire avec le club lyonnais ?

Je joue au scrabble duplicate depuis 1986 (avec de nombreuses pauses) et je suis aujourd’hui en 2ème série après 2 incursions en 1ère série.

Au-delà de l’aspect compétition, ce que j’aime surtout c’est la convivialité qu’il y a autour : j’ai été licencié dans plusieurs comités - Outremer, Midi-Pyrénées, PIFO et maintenant Lyonnais - et j’ai pu y faire des rencontres enrichissantes que je prends plaisir à entretenir lors des différents tournois auxquels je peux participer. 

Je vis à Lyon depuis 2015 mais je n’ai adhéré au SCL (Scrabble Club de Lyon) qu’en septembre 2019 et j’ai eu la chance de tomber dans un club fort sympathique où les gens d’horizons, d’âges et de niveaux différents se mélangent sans aucun apriori et dans lequel on se sent vite intégré.

J’ai depuis rejoint le bureau du club en tant que vice-président et j’essaie en fonction de mes disponibilités de participer au maximum à la vie du club : arbitrage, suivi des performances des joueurs, constitution des équipes interclubs, organisation de journées festives…

Les interclubs font partie de l’ADN du club lyonnais. Quel est votre palmarès interclubs ? 

Effectivement, Lyon et les interclubs c’est une longue histoire puisque le club était présent à la toute première finale en 1979 après avoir remporté à Nice une des 6 finales interzones (64 équipes engagées). La finale se déroulait à Lyon sous la houlette du Comité et le club de Lyon a fini à la 3e place derrière Grenoble et Villeneuve !

Cette compétition fait partie de mes préférées et je suis ravi d’être dans un club qui joue le jeu chaque année, avec un président qui en fait une de ses priorités. Alors effectivement elle ne donne pas de points (ou peu) au niveau du classement, mais je trouve dommage que beaucoup trop de joueurs délaissent cette compétition (cela n’engage que moi !).

Sur les dix dernières années nous comptons 4 titres de champions de France :

  • 3 en division 3 : 2026, 2025 et 2019

  • 1 en division 6 en 2022

Sur cette période, nous avons également réussi à qualifier 5 autres équipes en finale nationale : 8ème en D5 et 5ème en D6 en 2025, 5ème en D3 en 2022, 3ème en D6 en 2019, 3ème en D6 en 2018.

C’est également 14 titres régionaux, toutes divisions confondues.

Peux-tu nous raconter cette demi-finale contre les alsaciens d’Illkirch, puis cette finale contre les franciliens de Lisses ? 

Après une première journée bien réussie avec 3 parties gagnées, place à la détente avec un bon restau et une bonne nuit de sommeil. Le lendemain, après un petit déjeuner agrémenté de tirages pour nous mettre en forme (certains auront commencé depuis 5h30 du matin), direction la salle de jeu où il fait plus frais que la veille.

Nous affrontons une équipe d’Illkirch qui est sortie de sa poule malgré la présence de deux autres favoris (Ronchin avec ses deux 1ère séries, et Brétigny avec ses jeunes), donc la prudence est de mise.

La partie me semble assez abordable (4 scrabbles tout de même), mais je vis un petit cauchemar en commettant une erreur de tirage au coup 8 sur « choierai », -66 de débours car je n’ai heureusement pas joué la mauvaise lettre piochée. A la fin de la partie j’apprends que 3 joueurs de leur équipe ont pris un zéro sur ce coup en jouant « échoirai » et que les 4 autres n’ont pas scrabblé. Nous gagnons finalement les 4 premières places du match et le score est de 64 à 41 en notre faveur. Place à la finale.

Après un bon repas pris en commun, nous entamons la partie finale contre une équipe que nous avons battu 61,5 à 43,5 en phases de poules, nous sommes donc assez confiants mais sur un match tout est possible... La partie est assez fluide avec 3 scrabbles : roumaine (coup 11), trilogue (coup 14) et dravâmes (coup 19).

Fin de la partie, il est temps de faire les comptes : cette fois-ci nous ne gagnons pas les 14 points de la première place, mais nous monopolisons les places de 2 à 6. Cela suffit à gagner le match 62 à 43.

Lyon réalise ainsi le doublé, après le titre acquis à Bron l’an dernier. Votre science des interclubs et le dévouement du président Yves Eprinchard n’y sont certainement pas étrangers. Peux-tu nous en dire plus sur les raisons du succès ?

Tout d’abord, les deux titres procurent des émotions différentes. L’an dernier nous avons un peu gagné à la surprise générale car nous avions terminé 3èmes de la phase de qualification. De plus cette finale avait lieu à Bron, donc pratiquement à la maison, et nous étions accompagnés de 2 autres équipes du club autant dire que le traditionnel repas du samedi soir était très animé.

Cette année nous avions gagné la phase qualificative et nous étions considérés comme favoris, il y a donc une certaine fierté à avoir assumé ce rôle. Nous avons également gagné ce deuxième titre à 10. Car 2 joueurs ayant contribué à la qualification nous avaient prévenus dès cette phase qu’ils ne seraient pas disponibles pour une éventuelle finale, les 3 joueurs les ayant remplacés ont parfaitement tenu leur rôle.

En ce qui concerne les raisons du succès, je crois qu’il faut avant tout mettre en avant la motivation des joueurs du clubs, cet ADN inscrit au patrimoine génétique du SCL et l’investissement du président. Il s’agit d’une compétition d’équipe et il est primordial que l’équipe soit homogène et que les joueurs s’amusent et contribuent chacun et chacune selon leur niveau respectif. Mais il y a également une part de chance et il faut savoir rester humble : un tirage difficile qui aurait été joué au club peu de temps avant et que toute l’équipe voit, une composition des phases finales favorable…

Je tenais aussi à remercier tous les clubs organisateurs de l’épreuve de qualification dans le comité et le bureau du comité (qui chaque année nous permet de présenter 5 à 6 équipes) car sans leur engagement cela n’aurait pas été possible.

Comment se déroule la composition des équipes à Lyon ? Est-ce un casse-tête de composer 5 équipes pour un club composé de plus de 60 joueurs ?

Fin janvier / début février nous procédons au recensement des joueurs, arbitres et ramasseurs volontaires, en faisant de la pédagogie pour expliquer pourquoi cette épreuve est si importante pour le club. Bien sûr, c’est plus facile de faire des équipes avec un club de 60 licenciés dont la plupart est volontaire.

Ensuite nous faisons tourner la moulinette pour intégrer le maximum de participants, et optimiser les équipes en tenant compte des séries, mais également du classement international à l’instant T et de la courbe de progression des joueurs, le but étant de présenter des équipes compétitives dans chaque division. Et là on se rend compte que ce n’est pas toujours évident d’allier indice d’équipe et vivier disponible.

Ce qui est appréciable et rend la chose moins fastidieuse est que les joueurs du club jouent le jeu sans question d’ego s’ils ne sont pas dans « l’équipe phare » ou s’ils doivent ramasser / arbitrer et prennent plaisir à participer à cette compétition !

Et puis il faut parfois intégrer des critères « extra sportifs » nécessaires à l’aspect logistique de la compétition. Par exemple, nous nous étions engagés cette année à présenter des équipes dans les 2 centres ouverts : il a fallu également composer avec les familles, les chauffeurs et non véhiculés…

Notre seul regret est de ne pas avoir présenté une équipe en division 6 cette année, division qui permet souvent à des joueurs débutants ou moins aguerris à la compétition de découvrir cette épreuve. Mais Gisèle Orsaz et l’équipe de Villars les Dombes ont su brillamment représenter le comité L en finale nationale, bravo à eux.

Êtes-vous optimistes pour la défense du titre en division 3 l’an prochain ?

Nous aimerions bien effectivement remporter le titre une 3ème fois d’affilée, car de nombreuses équipes nous ont déjà donné rendez-vous et il serait dommage de les décevoir.

Cela étant, il faut avant tout se qualifier ! Nous comptons pour cela exploiter au maximum le vivier dont nous disposons. Et puis, pourquoi s’arrêter à la division 3 ? Pourquoi ne pas rééditer l’exploit de la saison 2024-2025 et qualifier au moins 3 équipes ?

Et pourquoi ne pas rêver encore plus et réussir à attirer plus de S1 et S2 pour former et présenter une équipe compétitive en D2 dans un futur proche ?…

 
 
 

Commentaires


bottom of page